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Coup de cœur ciné/Blu-ray: «I SPIT ON YOUR GRAVE » ou la journée de la femme selon Jennifer Hills
ParDark-Cervo Date 14 Juin, 2015 At 03:29 | Categorie CINEMA, Coups de coeur !!, Critiques de films, DOSSIERS, mise en avant | Avec 2 Comments

«I SPIT ON YOUR GRAVE »

ou la journée de la femme selon Jennifer Hills

 

Voici un film que seul le bouche- à-oreilles a porté à ma connaissance. Je me devais donc de relayer l’info pour ceux qui ne le connaissent pas encore.  Attention, malgré le sous-titre de l’article il ne s’agit pas pour ce film d’aborder la question de l’égalité salariale homme-femme ou toutes autres niaiseries habituellement évoquées lors de la fameuse journée du 8 mars (mesdames je plaisante 🙂 ).

Simplement « I SPIT ON YOUR GRAVE » (littéralement « je crache sur ta tombe ») est le remake d’un film sorti en 1978 « Day of the woman ». L’original était déjà bien trash pour son époque mais là on monte encore d’un cran dans la violence. Donc un film à ne pas regarder en famille (il est d’ailleurs interdit au moins de 16 ans).

 Sarah Butler incarne Jennifer Hills

Sarah Butler incarne Jennifer Hills

Le synopsis :

Hormis 2 ou 3 variations pour l’adapter davantage à notre temps, le film reprend le scénario de l’original signé Meir Zarchi.

Jennifer est une belle jeune femme qui s’installe quelques jours dans un chalet à la campagne afin d’écrire son roman. Elle tombe sur 3 lascars qui vont profiter de son isolement pour  lui en faire voir de toutes les couleurs: tortures, viols (si, si au pluriel) avant de la tuer bien entendu. Cependant notre héroïne, par un geste quasi-suicidaire, va réussir à éviter son meurtre. Ensuite, le moins que l’on puisse dire est que la vie de ses agresseurs va devenir particulièrement pénible.

Mais avant de penser à IRRÉVERSIBLE de Gaspard Noé, laissez-moi terminer.

Déjà parce qu’à mon avis « irréversible », par son choix narratif (le film commence par la fin de l’histoire et finit par le début) et par des images vraiment dégueulasses voire même insoutenables, se donne bien plus l’apparence d’un snuff-movie. Ce n’est pas le cas avec « i spit on your grave », certes il s’agit d’un film d’horreur, mais en gardant une structure classique et en maîtrisant le cadrage, le réalisateur épargne au spectateur des plans trop indigestes.

Ensuite parce que Jennifer, à l’inverse de Monica Bellucci du film français, n’aura pas besoin d’un homme pour être vengée (après tout, c’est aussi ça le féminisme). En refaisant surface après avoir endurée tous ces supplices, c’est une autre Jennifer qui apparaît, bien différente de celle du début du film (on se demande d’ailleurs si elle n’est pas finalement morte dans son évasion pour laisser sa place à un démon vengeur).

Enfin parce qu’elle va faire preuve d’une telle froideur et d’une telle inventivité machiavélique dans ses exécutions qu’elle ferait pâlir n’importe quel seigneur  noir des Siths (faut le faire quand même). Car pour ce personnage, la question n’est pas d’être pour ou contre la peine de mort, non, le débat se situe plutôt pour elle autour du thème suivant : comment mettre à mort ses bourreaux tout en leur laissant le temps de bien regretter leurs saloperies ? Sur cette question Jennifer va se révéler être d’une efficacité implacable (ce qui n’est pas le cas de Vincent Cassel dans le film de Noé).

Jennifer a survécu et elle est vraiment furax.

Jennifer a survécu et elle est vraiment furax.

 

Un thème de cinéma ultra populaire mais critiqué : le Revenge movie

Les films sur ce sujet sont en général assez controversés. Les uns jugeant  que la scène de l’agression initiale constitue du voyeurisme et les autres y voyant un plaidoyer pour  l’auto-justice ou la peine de mort. Pour commencer il faudrait rappeler certaines définitions pour dire par exemple qu’il n’y a de voyeurisme que s’il y a plaisir. Ici, le but de la scène de l’agression de Jennifer est plutôt de provoquer des émotions désagréables chez le spectateur dit « normal » (sans déviance) afin que ce dernier comprenne la vendetta de l’héroïne. Ensuite on peut dire que dans « i spit on your grave » le réalisateur, Steven R. Monroe, filme simplement une cause avant de nous montrer les conséquences (tout ce qu’il y a de plus banal dans un scénario) et en aucun cas il est question de décrire le système judiciaire parfait, non, il s’agit bien d’une vengeance et le spectateur moyen en est conscient.

N’oublions pas  que la culture populaire a érigé au rang des classiques les slashers comme Halloween ou Vendredi 13 ou bien encore Scream où à chaque fois on assiste à une tuerie de pauvres adolescents innocents. Ces films sont évidemment cultes, mais beaucoup trouveront bien plus intéressant et surtout plus inattendu un film d’horreur où les personnages qui sont assassinées sont des personnages qui, au fond, le méritent bien plus que ces braves teenagers américains.

Ce n’est pas un concept cinématographique purement américain. Rappelez-vous du « Vieux fusil »  où l’inoubliable Philippe Noiret jouait un docteur vengeant sa femme (interprétée par Romy Schneider) et sa fille tuées par des nazis, le revenge movie par excellence. Ce film, inspiré du drame d’Oradour-sur-Glane, montrait pour son époque (1975) des images d’une rare violence et était tout aussi punitif à l’égard des criminels dans le scénario.

Tout aussi violent, mais à mon sens moins efficace, on peut également citer « la dernière maison sur la gauche » (l’original de Wes Craven + le remake de 2009) où des parents vengent leur fille. Dans un registre moins horrifique, on peut aussi évoquer « Sudden Impact » (4ième volet de l’inspecteur Harry) où l’inspecteur poursuit un tueur en série qui s’avère être une femme qui se venge de ses violeurs. Dirty Harry finira par l’aider (voir également « à vif » dont le scénario est très proche dans sa conclusion mais qui vaut le coup d’œil pour l’interprétation de Jodie Foster). Pour finir et alors que le remake est toujours en salle, rappelez-vous de ce qui vous a véritablement marqué dans le premier Mad Max.

L’originalité d’ « I spit on your grave »par rapport à tous ces films, repose d’une part sur le fait que c’est la victime seule qui assure sa vengeance et d’autre part sur la méthode utilisée par celle-ci.

L’avis :

Bien qu’éprouvante à regarder, la scène du viol (sans jamais sombrer dans le torture-porn) est néanmoins indispensable au film. Tous les actes pervers, les rires et les insultes des tortionnaires vont contribuer à la création du monstre que va devenir Jennifer. Ainsi ils fabriquent sans le savoir l’instrument de leurs morts. Voilà pourquoi, si vous tentez l’aventure de ce film, il vous faut regarder l’intégralité de cette scène, pour apprécier ultérieurement toutes les subtilités employées par Jennifer dans sa vengeance.

Pas de lenteur dans ce film et les meurtres de Jennifer sont vraiment spectaculaires sans toutefois basculer dans le gore gratuit. Enfin la couleur de la photographie ainsi que le cadre du lieu de tournage (Louisiane) évite le coté glauque qu’on pouvait ressentir avec « irréversible ».

Bien qu’il soit injustement dénigré et relégué à un sous-genre par la critique, il s’agit pour moi de l’un des meilleurs films d’horreur dont il faut noter la prestation remarquable de l’actrice Sarah Butler dans ce rôle à deux visages de Jennifer Hills. Toute la crédibilité du film repose sur elle avec cet emploi qui la pousse aux extrêmes: tour à tour victime d’une bande de sadiques puis tueuse en série d’une cruauté digne de Jigsaw. L’actrice était d’ailleurs réticente avant d’accepter le job et le tournage a été difficile pour elle tellement elle était impliquée dans son personnage (il lui est arrivé de fondre en larmes durant les pauses…snif).

Ce remake est d’ores et déjà culte chez les amateurs du genre et naturellement une suite a été faite.

Une suite toujours indisponible sur le marché français :

Cette suite est sortie l’année dernière chez les anglo-saxons et les allemands mais  n’est toujours pas disponible dans notre pays et aucune date n’est annoncée pour une version française. Conséquence sans doute d’un faible niveau de vente du marché français de la vidéo (les films ne bénéficiant pas de sortie ciné pâtissent plus que les autres du téléchargement illégal). Donc si vous avez envie de le découvrir, peu m’importe le moyen que vous utiliserez  pour le visionner du moment que  si vous l’appréciez, vous l’achetiez (en dvd, Blu-ray ou vod). En espérant ainsi qu’un éditeur se décide enfin à produire une VF pour la suite.

Le Blu-ray :

Distribué par TF1 Vidéo en 2011, le Blu-ray propose une belle image ainsi qu’une piste sonore Dts-HD 5.1, ce qui est honnête.

Niveau supplément, là aussi c’est pas mal : making of, interviews, scènes coupées (le réalisateur a bien fait de les couper au montage final) et bande annonce (un trailer qui ne donne pas vraiment envie de voir le film). Il faut noter que vous trouverez également dans la section bonus le film original de 1978 en vost qui bénéficie également d’un beau traitement de l’image et du son.

Durée du film : 1h40      Genre : horreur (int-16ans)

Voilà, si vous avez aimé, n’hésitez pas à liker, partager et à commenter (surtout si vous l’avez vu).

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