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Billet d’humeur : Tales of Zestiria, le jeu qui me fit abandonner mes principes
ParDonut Date 10 Déc, 2015 At 06:12 | Categorie Coups de gueule !!, JEUX VIDEO | Avec 2 Comments

Sans titre-1Comme moi, certains d’entre vous font partie de ces joueurs un peu masos qui, dès l’écran start d’un nouveau jeu vidéo arrivé sur notre étagère virtuelle ou physique, se précipitent dans les options et poussent le curseur de la difficulté aussi haut qu’ils le peuvent, sans doute la faute à la tendance à l’accessibilité et l’ouverture à tous les publics du jeu vidéo contemporain.

Déjà, Ninja Gaiden 2 aura entamé ce réflexe un peu stupide de par les larmes et la sueur qu’il m’aura fait verser pour finir le mode facile. Mais laissez-moi vous conter mon expérience très personnelle que j’ai eu avec Tales of Zestiria, le jeu qui sera peut-être celui qui portera le coup de grâce à mes « hard mode ».

 

Quand l’amour ne laisse place qu’à l’indifférence

Qualifié par certains de second couteau du J-RPG et ovationné avec l’arrivée en Europe de l’épisode Symphonia, Bandai Namco Studio nous a gratifié en cette année 2015 du volet Tales of Zestiria de sa célèbre série.Sans titre-1

Nous ne reviendrons pas sur ces qualités et défauts. Je ne parlerai même pas de sa caméra totalement à la rue, de son chara-design et scénario d’un classicisme à toute épreuve. Les faits sont là : j’ai aimé ce jeu, pour des raisons qui m’échappent encore. Mais l’utilisation du passé n’est ici pas anodine.

La particularité du mode difficile est qu’il réduit grandement les points d’expérience gagnés en combat mais en contrepartie, nous fait amasser une quantité astronomique d’argent. Et l’idée est foutrement bonne sur le papier car, sans rentrer dans les détails du système de jeu, l’argent accumulé nous pousse à optimiser les équipements et leur fusion pour compenser ce manque de puissance flagrant qui se fait très vite sentir en jeu.

Et ça fonctionne, du moins pendant les premières heures de jeu où l’on peut compenser son retard de niveaux avec les nouveaux systèmes (mal expliqué par ailleurs) mis à notre disposition. Mais aujourd’hui, après 30h de jeu en mode difficile, je me retrouve à affronter tant bien que mal des ennemis dotés de 30 niveaux de plus que moi, qui prennent un malin plaisir à tuer tous mes personnages en 1 coup malgré ma garde solide, mes esquives dignes d’un shinobi et mes équipements totalement craqués. Et tout d’un coup, BOOM ! Cela m’a frappé au visage comme un mari jaloux qui aurait découvert l’amant de sa bien aimée : je ne m’amuse plus. Le plaisir de jeu à tout simplement disparu et me voilà encore avec un jeu dont je ne verrai pas la fin !

 

« Mais zé pô zuste ! »

La raison principale de ce désamour tient globalement au côté injuste qui survient. J’ai beau jouer de manière plus qu’acceptable, passer 15 minutes à préparer un combat que je sais difficile, optimiser ce que je peux optimiser, le jeu me roule dessus comme si je ne faisais pas ce qu’il attendait de moi.

Sans titre-1Le jeu me punira juste parce que je n’aurais pas le niveau nécessaire de manière arbitraire. Par exemple, les actions de combats sont reparties en 3 catégories qu’on qualifiera de physique, magique et spéciale et qui fonctionneront selon un système classique de « Pierre, Feuille, Ciseaux ». Et bien, durant un combat où toute la stratégie pour gagner consistait à interrompre les attaques magiques de mon adversaire, j’aurai beau faire des attaques physiques sensées arrêter leur temps d’invocation, ma différence de niveaux ne me le permettra pas et n’aura aucun effet, même pas quelques dégâts ! J’aurai donc pu jouer de manière parfaite, compenser mon manque de points d’expérience à la perfection, il était clair que je n’aurais jamais pu battre ce boss en l’état.

 

La difficulté à la carte

« Si t’as pas le level suffisant, t’as qu’à aller enchainer des combats de monstre plus faibles » me diraient certains et ils auront sans doute raison. Et faire des séances de « pexing » dans un J-RPG n’est pas dérangeant en soit. Mais ici, il s’agit d’une différence de 30 voire 40 niveaux d’expérience qui pourrait bien me prendre une dizaine voir vingtaine d’heures à faire ! Comme si mon plaisir de jeu n’était déjà pas assez entamé.

L’autre solution sera de toute façon celle que j’ai choisi à contre cœur : profiter du réglage de la ToZ - Pondifficulté à la volée et revenir en mode de difficulté normale et prendre enfin des points d’expérience de manière réaliste. Désormais, chaque combat anodins me rapporte quasiment autant qu’un combat de boss en difficile. Mais d’un côté, cet aveu de faiblesse dont j’ai fait preuve, grignote ma pseudo-fierté de gamer qui s’était promis à lui-même d’une manière un peu débile qu’il finirait le jeu en difficile. Cependant, je ne peux m’empêcher de me dire une chose : ce foutu jeu m’a obligé à redescendre la difficulté d’un cran. Sinon, pourquoi m’aurait-il permis de céder à ma faiblesse ? Était-ce le but des développeurs ? Leur vision n’est ici pas très claire pour moi.

 

Des principes old school ?

Bref, tout ceci peut sonner comme un pamphlet contre la dernière production de Bandaï Namco mais il n’en est rien, enfin pas Sans titre-1totalement. Peut-être avais-je tort de penser que la difficulté et l’exigence étaient des conditions obligatoires du plaisir de jeu chez moi et qu’en réalité, la difficulté devrait s’adapter aux joueurs lui-même. En attendant d’avoir des IA capables de nous analyser, la seule solution reste de nous permettre de moduler la difficulté selon notre appréciation, ou en tout cas, c’est le pari du dernier épisode de la série des Tales Of. Mais je me pose tout de même toujours la question de savoir si cette évolution vers un jeu à la carte est en faveur du joueur que je suis ou des joueurs en général…

Cela n’empêche que je continuerai sans doute à jouer à mes jeux vidéo en difficulté élevée mais à la différence minime que désormais, je choisirai sans doute ma difficulté en fonction du plaisir du jeu que le jeu veut bien me donner et pas selon mes principes sans réels fondements de pseudo « hardcore gamer ».

N’empêche, ce jeu m’aura laisser un arrière-goût et il va me falloir bien plusieurs J-RPG pour laver ma bouche. Peut être le prochain Xenoblade Chronicles X sur Wii U ?

 

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